La Cave du Louvre Hôtel

C1Sur les contreforts de la vallée du grand Rift,  à 2400 mètres d’altitude et à 9° au nord de l’équateur,  Addis Abeba, capitale la plus haute d’Afrique, recèle dans ses entrailles un endroit magique et unique en son genre.

Morceau du poumon de cette Rift valey, constituée il y a 20 millions d’années, un rocher raviné par les érosions, occupe une grande partie de l’espace de la cave du Louvre Hôtel.
Il développe ses flans sur 3 mètres de haut et 18 mètres  de longueur.

Durant la saison des pluies, des sources naissent de ses entrailles et distillent une mélodie qui remonte de la nuit des temps.
Cette cave unique nous livre les meilleurs vins d’Ethiopie et des vins de chaque région de France.

Le Groupe Castel propriétaire de vignobles à travers le monde a élaboré ces vins de grande qualité au cœur du Rift éthiopien, témoin de la naissance de l’humanité il y a quelque 6 millions d’années.

La Cuvée Spéciale du Louvre issue des vignes de Zeway est un vin qui transmet à vos corps et âme le savoir faire et la magie des lieux et de l’Histoire de groupes Français en Ethiopie.

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Dans la mythologie Grecque, Aurore tomba amoureuse de Tithon ; elle l'enleva et le mena en Éthiopie où elle s'unit à lui et lui donna deux fils, Émathion et Memnon.

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A l'arrière : Eos auprès du corps de son fils, Memnon.
Memnon, fils d'Eos et de Tithonos aura la peau noire, comme son frère Emathion. Les enfants passeront leur enfance aux côtés d'Hélios (le Soleil), en compagnie de leur mère, la déesse de l'Aurore. Memnon et son frère visiteront les pays les plus chauds de la terre. Ils accompagneront le char du dieu à travers le ciel. Memnon deviendra roi d'Ethiopie et Emathion celui d'Egypte. Il s'emparera de Suse à l'issue d'une campagne en Perse. Il viendra au secours de son oncle Priam, roi de Troie, pendant la dixième année de la guerre, à la tête d'une armée d'Ethiopiens. Revêtu d'une armure forgée par Héphaïstos, il tuera Antiloque, le fils de Nestor et l'ami d'Achille. Il affrontera ce dernier pendant que leurs mères, toutes deux déesses, plaideront leur sort devant Zeus. Memnon succombera lors du duel

Les premières barriques de vin furent introduites en Ethiopie il y a 2500 ans.

HERODOTUS - HÉRODOTE - ροδτου Μοσαι
LIVRE III. THALIE -
στοριν τρτη πιγραφομνη Θλεια

XIX. Ἡ μὲν δὴ τράπεζα τοῦ ἡλίου καλεομένη λέγεται εἶναι τοιήδε. Καμβύσῃ δὲ ὡς ἔδοξε πέμπειν τοὺς κατασκόπους, αὐτίκα μετεπέμπετο ἐξ Ἐλεφαντίνης πόλιος τῶν Ἰχθυοφάγων ἀνδρῶν τοὺς ἐπισταμένους τὴν Αἰθιοπίδα γλῶσσαν. [2] Ἔν ᾧ δὲ τούτους μετήισαν, ἐν τούτῳ ἐκέλευε ἐπὶ τὴν Καρχηδόνα πλέειν τὸν ναυτικὸν στρατόν. Φοίνικες δὲ οὐκ ἔφασαν ποιήσειν ταῦτα· ὁρκίοισι γὰρ μεγάλοισι ἐνδεδέσθαι, καὶ οὐκ ἂν ποιέειν ὅσια ἐπὶ τοὺς παῖδας τοὺς ἑωυτῶν στρατευόμενοι. Φοινίκων δὲ οὐ βουλομένων οἱ λοιποὶ οὐκ ἀξιόμαχοι ἐγίνοντο. [3] Καρχηδόνιοι μέν νυν οὕτω δουλοσύνην διέφυγον πρὸς Περσέων· Καμβύσης γὰρ βίην οὐκ ἐδικαίου προσφέρειν Φοίνιξι, ὅτι σφέας τε αὐτοὺς ἐδεδώκεσαν Πέρσῃσι καὶ πᾶς ἐκ Φοινίκων ἤρτητο ὁ ναυτικὸς στρατός. Δόντες δὲ καὶ Κύπριοι σφέας αὐτοὺς Πέρσῃσι ἐστρατεύοντο ἐπ᾽ Αἴγυπτον.

XIX. Cambyse n'eut pas plutôt résolu d'envoyer des espions dans ce pays, qu'il manda, de la ville d'Éléphantine, des Ichtyophages qui savaient la langue éthiopienne. Pendant qu'on était allé les chercher, il ordonna à son armée navale d'aller à Carthage ; mais les Phéniciens refusèrent d'obéir, parce qu'ils étaient liés avec les Carthaginois par les plus grands serments, et qu'en combattant contre leurs propres enfants, ils auraient, cru violer les droits du sang et de la religion. Sur le refus des Phéniciens, le reste de la flotte ne s'étant point trouvé assez fort pour cette expédition, les Carthaginois évitèrent le joug que leur préparaient les Perses. Cambyse ne crut pas qu'il fût juste de forcer les Phéniciens, parce qu'ils s'étaient donnés volontairement à lui, et parce qu'ils avaient le plus d'influence dans l'armée navale. Les habitants de l'île de Cypre s'étaient aussi donnés aux Perses, et les avaient accompagnés en Égypte.

XX. Ἐπείτε δὲ τῷ Καμβύσῃ ἐκ τῆς Ἐλεφαντίνης ἀπίκοντο οἱ Ἰχθυοφάγοι, ἔπεμπε αὐτοὺς ἐς τοὺς Αἰθίοπας ἐντειλάμενος τὰ λέγειν χρῆν καὶ δῶρα φέροντας πορφύρεόν τε εἷμα καὶ χρύσεον στρεπτὸν περιαυχένιον καὶ ψέλια καὶ μύρου ἀλάβαστρον καὶ φοινικηίου οἴνου κάδον. Οἱ δὲ Αἰθίοπες οὗτοι, ἐς τοὺς ἀπέπεμπε ὁ Καμβύσης, λέγονται εἶναι μέγιστοι καὶ κάλλιστοι ἀνθρώπων πάντων. [2] Νόμοισι δὲ καὶ ἄλλοισι χρᾶσθαι αὐτοὺς κεχωρισμένοισι τῶν ἄλλων ἀνθρώπων καὶ δὴ καὶ κατὰ τὴν βασιληίην τοιῷδε· τὸν ἂν τῶν ἀστῶν κρίνωσι μέγιστόν τε εἶναι καὶ κατὰ τὸ μέγαθος ἔχειν τὴν ἰσχύν, τοῦτον ἀξιοῦσι βασιλεύειν.

XX. Lorsque les Ichtyophages furent arrivés d'Éléphantine, Cambyse leur donna ses ordres sur ce qu'ils devaient dire, et les envoya en Éthiopie avec des présents pour le roi. Ils consistaient en un habit de pourpre, un collier d'or, des bracelets, un vase d'albâtre plein de parfums, et une barrique de vin de palmier. On dit que les Éthiopiens, à qui Cambyse envoya cette ambassade, sont les plus grands et les mieux faits de tous les hommes ; qu'ils ont des lois et des coutumes différentes de celles de toutes les autres nations, et qu'entre autres ils ne jugent digne de porter la couronne que celui d'entre eux qui est le plus grand, et dont la force est proportionnée à la taille.

XXI. Ἐς τούτους δὴ ὦν τοὺς ἄνδρας ὡς ἀπίκοντο οἱ Ἰχθυοφάγοι, διδόντες τὰ δῶρα τῷ, βασιλέι αὐτῶν ἔλεγον τάδε. « Βασιλεὺς ὁ Περσέων Καμβύσης, βουλόμενος φίλος καὶ ξεῖνός τοι γενέσθαι, ἡμέας τε ἀπέπεμψε ἐς λόγους τοι ἐλθεῖν κελεύων, καὶ δῶρα ταῦτά τοι διδοῖ τοῖσι καὶ αὐτὸς μάλιστα ἥδεται χρεώμενος ». [2] Ὁ δὲ Αἰθίοψ μαθὼν ὅτι κατόπται ἥκοιεν, λέγει πρὸς αὐτοὺς τοιάδε. « Οὔτε ὁ Περσέων βασιλεὺς δῶρα ὑμέας ἔπεμψε φέροντας προτιμῶν πολλοῦ ἐμοὶ ξεῖνος γενέσθαι, οὔτε ὑμεῖς λέγετε ἀληθέα (ἥκετε γὰρ κατόπται τῆς ἐμῆς ἀρχῆς), οὔτε ἐκεῖνος ἀνήρ δίκαιος. Εἰ γὰρ ἦν δίκαιος, οὔτ᾽ ἂν ἐπεθύμησε χώρης ἄλλης ἢ τῆς ἑωυτοῦ, οὔτ᾽ ἂν ἐς δουλοσύνην ἀνθρώπους ἦγε ὑπ᾽ ὧν μηδὲν ἠδίκηται. Νῦν δὲ αὐτῷ τόξον τόδε διδόντες τάδε ἔπεα λέγετε ». [3] Βασιλεὺς ὁ Αἰθιόπων συμβουλεύει τῷ Περσέων βασιλέι, ἐπεὰν οὕτω εὐπετέως ἕλκωσι τὰ τόξα Πέρσαι ἐόντα μεγάθεϊ τοσαῦτα, τότε ἐπ᾽ Αἰθίοπας τοὺς μακροβίους πλήθεϊ ὑπερβαλλόμενον στρατεύεσθαι· μέχρι δὲ τούτου θεοῖσι εἰδέναι χάριν, οἳ οὐκ ἐπὶ νόον τρέπουσι Αἰθιόπων παισὶ γῆν ἄλλην προσκτᾶσθαι τῇ ἑωυτῶν ».

XXI. Les Ichtyophages, étant arrivés chez ces peuples, offrirent leurs présents au roi, et lui parlèrent ainsi: « Cambyse, roi des Perses, qui désire votre amitié et votre alliance, nous a envoyés pour en conférer avec vous : il vous offre ces présents, dont l'usage le flatte le plus. » Le roi, qui n'ignorait pas que ces Ichtyophages étaient des espions, leur répondit en ces termes : « Ce n'est pas le vif désir de faire amitié avec moi qui a porté le roi des Perses à vous envoyer ici avec ces présents, et vous ne me dites pas la vérité. Vous venez examiner les forces de mes États, et votre maître n'est pas un homme juste. S'il l'était, il n'envierait pas un pays qui ne lui appartient pas, et il ne chercherait point à réduire en esclavage un peuple dont il n'a reçu aucune injure. Portez-lui donc cet arc de ma part, et dites-lui : Le roi d'Éthiopie conseille à celui de Perse de venir lui faire la guerre avec des forces plus nombreuses, lorsque les Perses pourront bander un arc de cette grandeur aussi facilement que moi. Mais en attendant qu'il rende grâces aux dieux de n'avoir pas inspiré aux Éthiopiens le désir d'agrandir leur pays par de nouvelles conquêtes ! »

XXII. Ταῦτα δὲ εἴπας καὶ ἀνεὶς τὸ τόξον παρέδωκε τοῖσι ἥκουσι. Λαβὼν δὲ τὸ εἷμα τὸ πορφύρεον εἰρώτα ὅ τι εἴη καὶ ὅκως πεποιημένον· εἰπόντων δὲ τῶν Ἰχθυοφάγων τὴν ἀληθείην περὶ τῆς πορφύρης καὶ τῆς βαφῆς, δολεροὺς μὲν τοὺς ἀνθρώπους ἔφη εἶναι, δολερὰ δὲ αὐτῶν τὰ εἵματα. [2] Δεύτερα δὲ τὸν χρυσὸν εἰρώτα τὸν στρεπτὸν τὸν περιαυχένιον καὶ τὰ ψέλια· ἐξηγεομένων δὲ τῶν Ἰχθυοφάγων τὸν κόσμον αὐτοῦ, γελάσας ὁ βασιλεὺς καὶ νομίσας εἶναι σφέα πέδας εἶπε ὡς παρ᾽ ἑωυτοῖσι εἰσὶ ῥωμαλεώτεραι τουτέων πέδαι. [3] Τρίτον δὲ εἰρώτα τὸ μύρον· εἰπόντων δὲ τῆς ποιήσιος πέρι καὶ ἀλείψιος, τὸν αὐτὸν λόγον τὸν καὶ περὶ τοῦ εἵματος εἶπε. Ὡς δὲ ἐς τὸν οἶνον ἀπίκετο καὶ ἐπύθετο αὐτοῦ τὴν ποίησιν, ὑπερησθεὶς τῷ πόματι ἐπείρετο ὅ τι τε σιτέεται ὁ βασιλεὺς καὶ χρόνον ὁκόσον μακρότατον ἀνὴρ Πέρσης ζώει. [4] Οἳ δὲ σιτέεσθαι μὲν τὸν ἄρτον εἶπον, ἐξηγησάμενοι τῶν πυρῶν τὴν φύσιν, ὀγδώκοντα δὲ ἔτεα ζόης πλήρωμα ἀνδρὶ μακρότατον προκεῖσθαι. Πρὸς ταῦτα ὁ Αἰθίοψ ἔφη οὐδὲν θωμάζειν εἰ σιτεόμενοι κόπρον ἔτεα ὀλίγα ζώουσι· οὐδὲ γὰρ ἂν τοσαῦτα δύνασθαι ζώειν σφέας, εἰ μὴ τῷ πόματι ἀνέφερον, φράζων τοῖσι Ἰχθυοφάγοισι τὸν οἶνον· τούτῳ γὰρ ἑωυτοὺς ὑπὸ Περσέων ἑσσοῦσθαι.

XXII. Ayant ainsi parlé, il débanda son arc, et te donna aux envoyés. Il prit ensuite l'habit de pourpre, et leur demanda ce que c'était que la pourpre, et comment elle se faisait. Quand les Ichtyophages lui eurent appris le véritable procédé de cette teinture : « Ces hommes, dit-il, sont trompeurs ; leurs vêtements le sont aussi. » Il les interrogea ensuite sur le collier et les bracelets d'or. Les Ichtyophages lui ayant répondu que c'étaient des ornements, il se mit à rire, et, les prenant pour des chaînes, il leur dit que les Éthiopiens en avaient chez eux de plus fortes. Il leur parla en troisième lieu des parfums qu'ils avaient apportés ; et lorsqu'ils lui en eurent expliqué la composition et l'usage, il leur répondit comme il avait fait au sujet de l'habit de pourpre. Mais lorsqu'il en fut venu au vin, et qu'il eut appris la manière de le faire, il fut très content de cette boisson. Il leur demanda ensuite de quels aliments se nourrissait le roi, et quelle était la plus longue durée de la vie chez les Perses. Les envoyés lui répondirent qu'il vivait de pain, et lui expliquèrent la nature du froment. Ils ajoutèrent ensuite que le plus long terme de la vie des Perses était de quatre-vingts ans. Là-dessus, l'Éthiopien leur dit qu'il n'était point étonné que des hommes qui ne se nourrissaient que de fumier ne vécussent que peu d'années ; qu'il était persuadé qu'ils ne vivraient pas même si longtemps s'ils ne réparaient leurs forces par cette boisson (il voulait parler du vin), et qu'en cela ils avaient un avantage sur les Éthiopiens.

XXIII. Ἀντειρομένων δὲ τὸν βασιλέα τῶν Ἰχθυοφάγων τῆς ζόης καὶ διαίτης πέρι, ἔτεα μὲν ἐς εἴκοσι καὶ ἑκατὸν τοὺς πολλοὺς αὐτῶν ἀπικνέεσθαι, ὑπερβάλλειν δὲ τινὰς καὶ ταῦτα, σίτησιν δὲ εἶναι κρέα τε ἑφθὰ καὶ πόμα γάλα. [2] Θῶμα δὲ ποιευμένων τῶν κατασκόπων περὶ τῶν ἐτέων, ἐπὶ κρήνην σφι ἡγήσασθαι, ἀπ᾽ ἧς λουόμενοι λιπαρώτεροι ἐγίνοντο, κατά περ εἰ ἐλαίου εἴη· ὄζειν δὲ ἀπ᾽ αὐτῆς ὡς εἰ ἴων. [3] ἀσθενὲς δὲ τὸ ὕδωρ τῆς κρήνης ταύτης οὕτω δή τι ἔλεγον εἶναι οἱ κατάσκοποι ὥστε μηδὲν οἷόν τ᾽ εἶναι ἐπ᾽ αὐτοῦ ἐπιπλέειν, μήτε ξύλον μήτε τῶν ὅσα ξύλου ἐστὶ ἐλαφρότερα, ἀλλὰ πάντα σφέα χωρέειν ἐς βυσσόν. Τὸ δὲ ὕδωρ τοῦτο εἴ σφι ἐστὶ ἀληθέως οἷόν τι λέγεται, διὰ τοῦτο ἂν εἶεν, τούτῳ τὰ πάντα χρεώμενοι, μακρόβιοι. [4] ἀπὸ τῆς κρήνης δὲ ἀπαλλασσομένων, ἀγαγεῖν σφεας ἐς δεσμωτήριον ἀνδρῶν, ἔνθα τοὺς πάντας ἐν πέδῃσι χρυσέῃσι δεδέσθαι. Ἔστι δὲ ἐν τούτοισι τοῖσι Αἰθίοψι πάντων ὁ χαλκὸς σπανιώτατον καὶ τιμιώτατον. Θεησάμενοι δὲ καὶ τὸ δεσμωτήριον, ἐθεήσαντο καὶ τὴν τοῦ ἡλίου λεγομένην τράπεζαν.

XXIII. Les Ichtyophages interrogèrent à leur tour le roi sur la longueur de la vie des Éthiopiens, et sur leur manière de vivre. Il leur répondit que la plupart allaient jusqu'à cent vingt ans, et quelques-uns même au delà ; qu'ils vivaient de viandes bouillies, et que le lait était leur boisson. Les espions paraissant étonnés de la longue vie des Éthiopiens, il les conduisit à une fontaine où ceux qui s'y baignent en sortent parfumés comme d'une odeur de violette, et plus luisants que s'ils s'étaient frottés d'huile. Les espions racontèrent à leur retour que l’eau de cette fontaine était si légère, que rien n'y pouvait surnager, pas même le bois, ni les choses encore moins pesantes que le bois ; mais que tout ce qu'on y jetait allait an fond. Si cette eau est véritablement telle qu'on le dit, l'usage perpétuel qu'ils en font est peut-être la cause d'une si longue vie. De la fontaine, le roi les conduisit à la prison. Tous les prisonniers y étaient attachés avec des chaînes d'or ; car chez ces Éthiopiens le cuivre est de tous les métaux le plus rare et le plus précieux. Après qu'ils eurent visité la prison, on leur fit voir aussi ce qu'on appelle la Table du Soleil.

XXIV. Μετὰ δὲ ταύτην τελευταίας ἐθεήσαντο τὰς θήκας αὐτῶν, αἳ λέγονται σκευάζεσθαι ἐξ ὑέλου τρόπῳ τοιῷδε· [2] Ἔπεὰν τὸν νεκρὸν ἰσχνήνωσι, εἴτε δὴ κατά περ Αἰγύπτιοι εἴτε ἄλλως κως, γυψώσαντες ἅπαντα αὐτὸν γραφῇ κοσμέουσι, ἐξομοιεῦντες τὸ εἶδος ἐς τὸ δυνατόν, ἔπειτα δέ οἱ περιιστᾶσι στήλην ἐξ ὑέλου πεποιημένην κοίλην· ἣ δέ σφι πολλὴ καὶ εὐεργὸς ὀρύσσεται. [3] Ἔν μέσῃ δὲ τῇ στήλῃ ἐνεὼν διαφαίνεται ὁ νέκυς, οὔτε ὀδμὴν οὐδεμίαν ἄχαριν παρεχόμενος οὔτε ἄλλο ἀεικὲς οὐδέν, καὶ ἔχει πάντα φανερὰ ὁμοίως αὐτῷ τῷ νέκυϊ. [4] Ἔνιαυτὸν μὲν δὴ ἔχουσι τὴν στήλην ἐν τοῖσι οἰκίοισι οἱ μάλιστα προσήκοντες, πάντων ἀπαρχόμενοι καὶ θυσίας οἱ προσάγοντες· μετὰ δὲ ταῦτα ἐκκομίσαντες ἱστᾶσι περὶ τὴν πόλιν.

XXIV. Enfin on leur montra les cercueils des Éthiopiens, qui sont faits, à ce qu'on dit, de verre, et dont voici le procédé. On dessèche d'abord le corps à la façon des Égyptiens, ou de quelque autre manière on l'enduit ensuite entièrement de plâtre, qu'on peint : de sorte qu'il ressemble, autant qu'il est possible, à la personne même. Après cela, on le renferme dans une colonne creuse et transparente de verre fossile, aisé à mettre en oeuvre, et qui se tire en abondance des mines du pays. On aperçoit le mort à travers cette colonne, au milieu de laquelle il est placé. Il n'exhale aucune mauvaise odeur, et n'a rien de désagréable. Les plus proches parents du mort gardent cette colonne un an entier dans leur maison. Pendant ce temps-là, ils lui offrent des victimes, et les prémices de toutes choses. Ils la portent ensuite dehors, et la placent quelque part autour de la ville.

XXV. Θεησάμενοι δὲ τὰ πάντα οἱ κατάσκοποι ἀπαλλάσσοντο ὀπίσω. Ἀπαγγειλάντων δὲ ταῦτα τούτων, αὐτίκα ὁ Καμβύσης ὀργὴν ποιησάμενος ἐστρατεύετο ἐπὶ τοὺς Αἰθίοπας, οὔτε παρασκευὴν σίτου οὐδεμίαν παραγγείλας, οὔτε λόγον ἑωυτῷ δοὺς ὅτι ἐς τὰ ἔσχατα γῆς ἔμελλε στρατεύεσθαι· [2] Οἷα δὲ ἐμμανής τε ἐὼν καὶ οὐ φρενήρης, ὡς ἤκουε τῶν Ἰχθυοφάγων, ἐστρατεύετο, Ἑλλήνων μὲν τοὺς παρεόντας αὐτοῦ τάξας ὑπομένειν, τὸν δὲ πεζὸν πάντα ἅμα ἀγόμενος. [3] Ἔπείτε δὲ στρατευόμενος ἐγένετο ἐν Θήβῃσι, ἀπέκρινε τοῦ στρατοῦ ὡς πέντε μυριάδας, καὶ τούτοισι μὲν ἐνετέλλετο Ἀμμωνίους ἐξανδραποδισαμένους τὸ χρηστήριον τὸ τοῦ Διὸς ἐμπρῆσαι, αὐτὸς δὲ τὸν λοιπὸν ἄγων στρατὸν ἤιε ἐπὶ τοὺς Αἰθίοπας. [4] Πρὶν δὲ τῆς ὁδοῦ τὸ πέμπτον μέρος διεληλυθέναι τὴν στρατιήν, αὐτίκα πάντα αὐτοὺς τὰ εἶχον σιτίων ἐχόμενα ἐπελελοίπεε, μετὰ δὲ τὰ σιτία καὶ τὰ ὑποζύγια ἐπέλιπε κατεσθιόμενα. [5] Εἰ μέν νυν μαθὼν ταῦτα ὁ Καμβύσης ἐγνωσιμάχεε καὶ ἀπῆγε ὀπίσω τὸν στρατόν, ἐπὶ τῇ ἀρχῆθεν γενομένῃ ἁμαρτάδι ἦν ἂν ἀνὴρ σοφός· νῦν δὲ οὐδένα λόγον ποιεύμενος ἤιε αἰεὶ ἐς τὸ πρόσω. [6] Οἱ δὲ στρατιῶται ἕως μέν τι εἶχον ἐκ τῆς γῆς λαμβάνειν, ποιηφαγέοντες διέζωον, ἐπεὶ δὲ ἐς τὴν ψάμμον ἀπίκοντο, δεινὸν ἔργον αὐτῶν τινες ἐργάσαντο· ἐκ δεκάδος γὰρ ἕνα σφέων αὐτῶν ἀποκληρώσαντες κατέφαγον. [7] Πυθόμενος δὲ ταῦτα ὁ Καμβύσης, δείσας τὴν ἀλληλοφαγίην, ἀπεὶς τὸν ἐπ᾽ Αἰθίοπας στόλον ὀπίσω ἐπορεύετο καὶ ἀπικνέεται ἐς Θήβας πολλοὺς ἀπολέσας τοῦ στρατοῦ· ἐκ Θηβέων δὲ καταβὰς ἐς Μέμφιν τοὺς Ἕλληνας ἀπῆκε ἀποπλέειν.

XXV. Les espions s'en retournèrent après avoir tout examiné. Sur leur rapport, Cambyse, transporté de colère, marcha aussitôt contre les Éthiopiens, sans ordonner qu'on préparât des vivres pour l'armée, et sans réfléchir qu'il allait faire une expédition aux extrémités de la terre. Tel qu'un furieux et un insensé, à peine eut-il entendu le rapport des Ichtyophages, qu'il se mit en marche, menant avec lui toute son armée de terre, et ne laissant en Égypte que les Grecs qui l'avaient accompagné. Lorsqu'il fut arrivé à Thèbes, il choisit environ cinquante mille hommes, à qui il ordonna de réduire en esclavage les Ammoniens, et de mettre ensuite le feu au temple où Jupiter rendait ses oracles. Pour lui, il continua sa route vers l'Éthiopie avec le reste de l'armée, Ses troupes n'avaient pas encore fait la cinquième partie du chemin, que les vivres manquèrent tout à coup. On mangea les bêtes de somme, et bientôt après elles manquèrent aussi. Si Cambyse, instruit de cette disette, eût alors changé de résolution, et qu'après la faute qu'il avait faite dans le commencement il fût revenu sur ses pas avec son armée, il aurait agi en homme sage. Mais, sans s'inquiéter de la moindre chose, il continua à marcher en avant. Les soldats se nourrirent d'herbages tant que la campagne put leur en fournir ; mais, lorsqu'ils furent arrivés dans les pays sablonneux, la faim en porta quelques-uns à une action horrible. Ils se mettaient dix à dix, tiraient au sort, et mangeaient celui qu'ils désignaient. Cambyse en ayant eu connaissance, et craignant qu'ils ne se dévorassent les uns les autres, abandonna l'expédition contre les Éthiopiens, rebroussa chemin, et arriva à Thèbes, après avoir perdu une partie de son armée. De Thèbes il vint à Memphis, où il congédia les Grecs, et leur permit de se mettre en mer. Tel fut le succès de son expédition contre les Éthiopiens.

XXVI. Ὁ μὲν ἐπ᾽ Αἰθίοπας στόλος οὕτω ἔπρηξε· οἱ δ᾽ αὐτῶν ἐπ᾽ Ἀμμωνίους ἀποσταλέντες στρατεύεσθαι, ἐπείτε ὁρμηθέντες ἐκ τῶν Θηβέων ἐπορεύοντο ἔχοντες ἀγωγούς, ἀπικόμενοι μὲν φανεροί εἰσι ἐς Ὄασιν πόλιν, τὴν ἔχουσι μὲν Σάμιοι τῆς Αἰσχριωνίης φυλῆς λεγόμενοι εἶναι, ἀπέχουσι δὲ ἑπτὰ ἡμερέων ὁδὸν ἀπὸ Θηβέων διὰ ψάμμου· ὀνομάζεται δὲ ὁ χῶρος οὗτος κατὰ Ἑλλήνων γλῶσσαν Μακάρων νῆσος. [2] Ἔς μὲν δὴ τοῦτον τὸν χῶρον λέγεται ἀπικέσθαι τὸν στρατόν, τὸ ἐνθεῦτεν δέ, ὅτι μὴ αὐτοὶ Ἀμμώνιοι καὶ οἱ τούτων ἀκούσαντες, ἄλλοι οὐδένες οὐδὲν ἔχουσι εἰπεῖν περὶ αὐτῶν· οὔτε γὰρ ἐς τοὺς Ἀμμωνίους ἀπίκοντο οὔτε ὀπίσω ἐνόστησαν. [3] Λέγεται δὲ κατὰ τάδε ὑπ᾽ αὐτῶν Ἀμμωνίων· ἐπειδὴ ἐκ τῆς Ὀάσιος ταύτης ἰέναι διὰ τῆς ψάμμου ἐπὶ σφέας, γενέσθαι τε αὐτοὺς μεταξύ κου μάλιστα αὐτῶν τε καὶ τῆς Ὀάσιος, ἄριστον αἱρεομένοισι αὐτοῖσι ἐπιπνεῦσαι νότον μέγαν τε καὶ ἐξαίσιον, φορέοντα δὲ θῖνας τῆς ψάμμου καταχῶσαι σφέας, καὶ τρόπῳ τοιούτῳ ἀφανισθῆναι. Ἀμμώνιοι μὲν οὕτω λέγουσι γενέσθαι περὶ τῆς στρατιῆς ταύτης.

XXVI. Les troupes qu'on avait envoyées contre les Ammoniens partirent de Thèbes avec des guides, et il est certain qu'elles allèrent jusqu'à Oasis. Cette ville est habitée par des Samiens qu'on dit être de la tribu aeschrionienne. Elle est à sept journées de Thèbes, et l'on ne peut y aller que par un chemin sablonneux. Ce pays s'appelle en grec les îles des Bienheureux. On dit que l'armée des Perses alla jusque-là ; mais personne ne sait ce qu'elle devint ensuite, si ce n'est les Ammoniens et ceux qu'ils en ont instruits. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'elle n'alla pas jusqu'au pays des Ammoniens, et qu'elle ne revint point en Égypte. Les Ammoniens racontent que cette armée étant partie d'Oasis, et ayant fait, par le milieu des sables, à peu près la moitié du chemin qui est entre eux et cette ville, il s'éleva, pendant qu'elle prenait son repas, un vent de sud impétueux, qui l'ensevelit sous des montagnes de sable, et la fit entièrement disparaître. Ainsi périt cette armée, au rapport des Ammoniens.